Description
Le libéralisme classique chinois ne s’est pas construit, comme les traditions occidentales, sur l’argument de l’efficacité économique (utilitarisme), ou sur le principe abstrait de la justice (droit naturel). Plus poétique, il présente des arguments esthétiques, moraux et philosophiques en faveur de la liberté. Pas du tout intéressé par la productivité, il valorise le retour à soi, la spontanéité, la simplicité.
La meilleure manière de gouverner le monde, pour les confucéens et pour les taoïstes, c’est de ne pas le gouverner. Le souverain laisse l’harmonie du monde se maintenir, sans la perturber ; alors les hommes vaquent aux métiers, les végétaux croissent, etc., sans qu’il soit nécessaire de signer des décrets. Moins il agit, plus il fait et plus il fait faire ; c’est l’action efficace, par la non-action (wu wei).
Chez les taoïstes, cet idéal de la non-intervention frise avec l’anarchisme. Pour découvrir ce proto-libéralisme, le texte du Wenzi est ce que l’on compte de plus précieux. Laozi, le maître, est très énigmatique ; tandis que son disciple discute à fond les principes, en multipliant les exemples.





